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Montagne Bleue
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Balades sur la Côte Nord

 

Par Sandra Cusson

 

On nous avait dit que la Côte Nord du Québec, c’était magnifique.  On nous avait aussi prévenus qu’il y avait beaucoup de moustiques.  Nous avons été en mesure de vérifier la véracité de ces deux prédictions et ce, au-delà de nos attentes!  Réglons d’abord la question des moustiques.  Oui, en cette année pluvieuse, il y en avait beaucoup, des mouches noires et des maringouins, mais pas toujours autant et pas partout.  Ça dépend des années, des pluies, du vent, de la période et du lieu où l’on se trouve.  Alors, mieux vaut ne pas prendre de chances si l’on veut profiter de la nature sauvage; ça prend du DEET en bonne quantité, de même qu’un filet pour la tête, à porter par-dessus une casquette, surtout à l’heure de la préparation du souper en camping!

Ceci dit, dans cette région où règne beauté et démesure, nous avons eu droit, chaque jour, à des spectacles saisissants.

 

Sept-Îles

 

À Sept-Îles, notre point de départ, nous nous mettons en appétit avec la promenade des Jardins de l’Anse.  On y longe la rive, profitant de ces 2,4 km de sentiers fort bien aménagés, avec de magnifiques vues sur la baie.  Nous sommes en pleine saison touristique mais c’est loin d’être la cohue.  Les jardins sont paisibles et invitent à la détente avec leurs massifs fleuris, aires de repos et bancs judicieusement placés.  En plus des jardins thématiques, on y observe de gigantesques berces laineuses, qui y poussent en abondance, atteignant parfois jusqu’à six pieds de hauteur.  Impressionnant!

 

Magpie

 

Un peu plus loin sur la route 138, nous nous arrêtons au village de Magpie.  Des trois sentiers de randonnée que l’on croyait y trouver, il semble bien que seul celui longeant le littoral demeure accessible.  Mais quel sentier!  Nous partons du belvédère situé près du quai.  Une courte section en forêt nous mène sur le dessus des rochers.  Là, un agréable sentier sillonne entre les roches plates, à travers un sol recouvert d’un spongieux tapis végétal, combinant un lichen étoilé et une multitude de kalmia, ces petites clochettes rose-mauve qui poussent en grappes.  Le tout est absolument enchanteur.  Chemin faisant, on se dit que ce serait un bien bel endroit pour y planter une tente par une nuit étoilée… La balade se termine environ 1,5 km plus loin, sur un autre belvédère de bois.  Certains nous ont dit qu’il y était très fréquent d’y apercevoir des baleines et autres animaux marins.

 

Île Niapiskau : le Sentier à Samuel

 

Le lendemain, au départ de Havre-Saint-Pierre, une courte traversée en zodiac nous mène sur l’Île Niapiskau, dans l’Archipel de Mingan, où nous plantons notre tente pour la nuit.  Notre projet : effectuer l’aller-retour sur le Sentier à Samuel menant aux monolithes.  Partant du camping et presqu’exclusivement aménagé sur la grève, ce sentier nous conduit, en deux heures et 4,5 km, au lieu où arrivent les bateaux qui amènent les visiteurs qui souhaitent voir les monolithes.  Les sections de forêt nous font traverser des zones de fougères géantes, atteignant parfois la hauteur de nos épaules!  À l’anse des Bonnes Femmes, belvédères et sentiers de bois permettent plusieurs points de vue sur les gigantesques structures géologiques de formes inusitées.  La mer s’avérant un peu trop agitée ce jour là, aucun bateau ne s’y rendra et nous pourrons profiter de la petite boucle du Poète Jomphe pour nous tout seuls.  Et pour le spectacle, une bonne trentaine de guillemots, ces petits pingouins qui peuplent l’île, s’affairent à courir sur le rivage, à plonger et à ressortir de l’eau en parfaite file indienne. On craque!

 

Natashquan : Le Pas du Portageur

 

À Natashquan, nous avions l’intention de parcourir le sentier du Pas du Portageur, longeant la Petite rivière Natashquan et permettant de voir 5 chutes et cascades.  À tout hasard, nous en glissons un mot à notre aubergiste qui s’avère être le concepteur du sentier, aménagé une vingtaine d’années plus tôt.  Monsieur Landry nous informe que malheureusement, faute de main-d’œuvre et de fonds disponibles, le sentier n’a pas fait l’objet d’un entretien régulier au cours des dernières années; certains secteurs peuvent s’avérer difficilement praticables, surtout à la suite de fortes pluies.  Il nous suggère toutefois d’aborder le sentier par sa sortie, située à quelques kilomètres du village, ce qui nous permettra de rejoindre aisément les dernières chutes, sans doute les plus belles!  Nous roulons donc un peu moins de 4 km vers l’ouest sur la route 138, avant d’emprunter un chemin sablonneux sur 1,9 km.  Des flèches de bois peintes en rouge nous confirment que vous sommes sur le bon chemin.  Puis, nous garons notre voiture dans un petit stationnement sur la droite et amorçons le sentier fort joliment aménagé avec rampes, marches, ponts de bois et cabanes pour oiseaux.  Nous avons pu voir deux chutes avant de rebrousser chemin, trop de troncs et de branches obstruant le sentier.  Il nous reste à espérer que ce sentier, dont le potentiel paraît évident, pourra bientôt recevoir les soins et l’attention qu’il mérite.

 

La Taïga

 

À peine plus à l’ouest sur la route 138 se trouve l’entrée d’un autre chemin sablonneux dont la seule indication est une petite pancarte appartenant à Hydro-Québec.  Si l’on suit cette route sur quelques kilomètres, on arrive au plateau d’une petite colline appelée La Montagne Bleue, où se trouve un campement autochtone ainsi qu’une petite chapelle.  Un peu plus loin sur la droite, on aperçoit un petit stationnement d’où part un sentier à travers la Taïga, lequel peut être parcouru aisément à pied sur plusieurs kilomètres avant d’aboutir à un lac.  L’intérêt de ce sentier réside surtout dans la végétation typique qu’il traverse, de même que les vues totalement dégagées sur l’arrière-pays de Natashquan, où se multiplient étangs et lacs à travers la tourbière.  Une expérience peu commune!

 

Les plages

 

Pour les amateurs de marche tranquille et contemplative (dont je suis), la Côte Nord regorge de baies, de criques et de plages où le marcheur peut s’adonner à son activité favorite.  De Natashquan à Pointe-Parent, nous avons marché sur une longue étendue de sable presque blanc qui s’étend sur quelque 8 km, avec de superbes vues sur les îles, les rivières et le grand large.  Des dunes et une multitude d’herbes et de fleurs du bord de la mer agrémentent ce décor de rêve.  Ici et là, quelques barques échouées sur le rivage complètent le tableau.

À Aguanish, une vaste étendue d’eau douce, formée par la rivière qui porte le même nom, n’est séparée de la mer que par les dunes de sable et les herbes folles.  Par cette belle journée du mois de juillet, l’eau de la rivière Aguanish était d’un bleu profond et celle de la mer, turquoise.  Et nous étions seuls à marcher sur la plage!

 

Article publié dans Rando Québec, automne 2015