P1000861
P1000954
P1000857
P1010171
P1000858
P1010329
P1000867

Cotswold Way

Comme dans un conte de fées

 

Par Sandra Cusson

 

Les Cotswolds anglais : des collines, des paysages verdoyants, des villages de pierre dorée, des moutons…  Amoureux de la nature et de la randonnée, nous avons découvert le Cotswold Way, un sentier de randonnée qui s’étend sur 100 miles (160 km), reliant le village de Chipping Campden, dans les Cotswolds du nord, à la ville de Bath, au sud.  Un sentier fort bien aménagé, sans difficultés particulières, parsemé d’une bonne trentaine de charmants villages pourvus de tous les services requis pour rendre la route agréable aux randonneurs : Bed & Breakfast, auberges de campagne, pubs, etc.  Nous avions planifié neuf jours de marche tranquille et réservé nos hébergements dans 10 villages espacés de 15 à 20 kilomètres environ.  Et nous avions pris la décision de voyager léger : un petit sac à dos chacun, pour un sentiment de grande liberté.

 

Nous débutons le sentier un jour de mai, par temps assez frisquet et venteux, mais la beauté époustouflante du paysage nous fait vite oublier la brise et la petite bruine qui tombe en intermittence.  De toutes façons, le temps, dans la région, est imprévisible et comme disent les gens du coin : si vous n’aimez pas le temps, attendez 15 minutes…  Nous ne saurions dire ce qui met le plus en valeur les paysages bucoliques que nous traversons : le soleil, la bruine ou la brume légère?  Nous sommes enchantés.  Après quelques heures de marche, on casse la croûte sur l’un des nombreux bancs qui jalonnent le parcours.  Collines et moutons s’étendent jusqu’à l’horizon et l’on est à peu près seuls sur le sentier.

 

En fin d’après-midi, au village de Stanton, nous sommes attendus pour la nuit au charmant Old Post House.  En haut de la colline, le Mount Inn nous ravit avec ses plats de gibier, son atmosphère chaleureuse, ses feux de foyer.  Sur un divan de cuir, on sirote deux real ales tout en observant les habitués du pub, dont plusieurs sont venus avec leur chien.  Certains de ces compagnons canins sont même confortablement installés sur les genoux de leur maître assis au bar.  La bonne humeur règne et l’on se sent chez nous!  Ceci sera d’ailleurs une constante tout au long du voyage; nous avons découvert le peuple anglais, discret mais heureux de vivre et accueillant.

 

Dans la forêt de Hailes, le sol est tapissé de bluebells, ces petites clochettes bleu-mauve qui rendent l’atmosphère de la forêt féerique et quasi-irréelle.  Tout de même, on se félicite de s’être équipés de ponchos, pantalons imperméables et guêtres qui nous gardent bien au sec, car c’est sous une fine bruine que l’on fera traversée de la forêt de Crickley Hill : une véritable forêt de conte de fées, avec ses hêtres géants aux racines recouvertes de mousse d’un vert intense, campanules et ail des bois odorant.  Le tout est absolument enchanteur, sous cette pluie fine qui continue de tomber, faisant ressortir encore mieux les senteurs et les couleurs.  On continue ainsi jusqu’à Birdlip, minuscule village et sa charmante auberge de pierre.

 

Notre plus longue journée de marche (23 kilomètres) nous mènera au village de Randwick.  Je suis un peu inquiète au sujet de la chambre réservée dans une vieille ferme du 17e siècle puisque je n’ai pu dénicher aucune photo sur internet…  Un sentier parsemé de bluebells et parfumé à l’ail des bois nous mène vers le clou de la journée : les splendides vues 360º sur les paysages verdoyants de la vallée de Haresfield Beacon.  Puis, une autre forêt enchantée, de plus en plus de bluebells et mine de rien, nous voici arrivés à Randwick.  Court Farm est effectivement une ferme datant du 17e siècle, tenue par un charmant couple âgé.  La chambre semble ne pas avoir changé depuis 50 ans mais on y dort très bien.  Le lendemain matin, on déjeunera tout en échangeant nos impressions en compagnie d’un couple d’Australiens, qui font le même trajet que nous mais en sens inverse, du sud au nord.

 

Au dernier jour, on décide de tricher un peu et nous nous rendons à l’arrêt de bus de Old Sodbury, juste en face de l’auberge où l’on a dormi.  Notre intention est de nous faire transporter pour une partie du sentier de manière à bénéficier de plus de temps pour la ville de Bath, notre destination finale qui, dit-on, a beaucoup à offrir à ses visiteurs.  Pas de chance, on manque le bus, mais un résident du village nous offre de nous conduire, ce qui sera pour nous l’occasion d’en apprendre un peu plus sur le monde fascinant des courses de chevaux.  Notre chauffeur s’avère en effet être un ancien jockey professionnel dont la carrière, assez courte comme pour beaucoup dans ce domaine, s’est terminée vers la fin de la vingtaine suite à une série de chutes à cheval et blessures.  Un dur métier, où seuls les vainqueurs demeurent.

 

Nous avons gardé pour nous la plus belle partie de ce segment : la descente vers Bath.  Nous n’avons pas été déçus!  Après nos huit jours de villages microscopiques, Bath, avec ses quelque 85 000 habitants, nous semble vraiment une très grande ville.  On prend notre temps à travers les rues fleuries, les parcs où se promènent les amoureux.  Vers le milieu de l’après-midi, on peut enfin prendre la photo officielle devant l’Abbaye de Bath: nous l’avons marché au complet (enfin presque)!

 

Article publié dans Rando Québec, automne 2015